Un nouvel isolant 100% écologique : le panneau isolant en liège !

Cette actualité est une traduction libre de cet article d'Alex Wilson sur GreenBuildingAdvisor.com.
crédits photo: Glen Scott

Un nouvel isolant 100% écologique 
Plus communément connu sous la forme du bouchon utilisé sur les bouteilles de vin, le liège est issu de l’écorce externe d’une espèce de chêne qui pousse dans la région méditerranéenne occidentale en Europe et en Afrique du Nord. La première récolte de l’écorce est faite lorsque les arbres sont âgés d’au moins 18 à 25 ans. Puisque le liège se régénère naturellement, on peut ensuite le récolter tous les 9 ans sur la durée de vie totale de l’arbre, soit 200 ans.

Une compagnie portugaise, Amorim Isolamento, produit des panneaux isolants de liège à haute densité. Ce produit est en ce moment en cours d’introduction sur le marché nord américain.

Le Portugal est le premier producteur au monde de liège et les chênes sont protégés par la loi fédérale. De plus, la plupart des forêts de ces chênes sont certifiées par le Forest Stewardship Council (FSC), une organisation non gouvernementale internationale, indépendante et sans but lucratif. La récolte se fait à la main depuis plus de 2000 ans. Si les forêts de chênes liège se multiplient au Portugal, le marché des bouchons en liège réduit considérablement. En effet, depuis l’apparition des bouchons en plastique ou à dévisser le marché des bouchons en liège s’essouffle. Ces tendances ont poussé la compagnie portugaise à chercher un nouveau marché.

Les revêtements en liège, sous plancher et les revêtements muraux acoustiques sont faits des résidus de la découpe des bouchons de bouteilles de vin dans l’écorce, ce qui n’utilise que 25 à 30% de l’écorce. Les granules de liège sont collées à l’aide d’un liant et ensuite découpées pour les transformer en revêtements de liège, et d'autres produits.

Le procédé de conception des panneaux isolants en liège de haute densité diffère de celui des revêtements et sous-planchers en liège. En effet, si les mêmes granules de liège sont utilisées, celles-ci sont exposées à de la vapeur surchauffée, chaleur qui étend les granules de liège et active en elles une substance naturelle appelé suberin qui lie les particules entre elles. Une fois produites, ces larges plaques de liège à haute densité sont coupées en panneaux d’isolation de plusieurs épaisseurs, d’un demi pouce à 12 pouces et de dimensions d’1’x 3’ ou de 2’x 3 pieds.

Ce matériau est 100% naturel, renouvelable rapidement, durable, 100% biodégradable et issu de forêts gérées de manière responsable, comme le stipule le système de classement LEED. Malgré que le coût en énergie lié au transport ne soit pas le même qu’avec des bouchons en liège, acheminer ce produit par voie maritime reste éco-énergétique.

Le liège à haute densité a un coefficient d’isolation de R-3,6 par pouce. Sa densité est de 7,0 à 7,5 livres par pouce et sa résistance à la compression de 15 psi. (à 10% de compression). Ce matériau a une perméabilité moyenne à l’humidité puisqu’une épaisseur de 40mm a une perméabilité de 2.2 perms. Bien que l’isolation en liège à haute densité laisse s’échapper une légère odeur de fumée, le matériau a passé haut la main les sévères exigences françaises relatives à une douzaine de composés organiques volatiles. Le liège a aussi de très bonnes propriétés insonorisantes.

 

Une couche de 40mm d’isolation de liège expansé résiste au feu pendant plus d’une heure
Résistant au feu, il satisfait les exigences de la désignation européenne classe E (norme satisfaite par les autres matériaux isolants rigides) sans toutefois recourir à l’utilisation de retardateurs de flammes qui caractérisent les panneaux isolants en mousse les plus communs).

Une pièce de panneau de liège de 40mm d’épaisseur suspendue au dessus d’un chalumeau résiste au feu de 60 à 90 minutes, comparé à moins de 10 secondes pour du polystyrène haute densité ou extrudé qui satisfait lui aussi à la même norme européenne.

Les panneaux isolant en liège sont utilisés depuis des décennies en Europe. Il est usuel d'installer des panneaux d’une épaisseur de 8 à 10 pouces sur les murs extérieurs, et de 10 à 12 pouces sur les toits. La première maison passive construite en Autriche en 1995 a utilisé des panneaux d’une épaisseur de près de 14 pouces, soit 350mm. Ce matériau est normalement utilisé comme couche d’isolant extérieur à l'instar du polystyrène ou du polyisocyanurate, tous deux dérivés de produits pétroliers.

 

Coût et disponibilité
En Amérique du Nord les réseaux de distribution ne sont pas encore clairement définis. D’après l’entreprise portugaise le prix de vente au distributeur serait de 70$, ce qui n’inclus pas les frais de port, ni le taux de change et ni les marges. Si les marges sont de 50%, le prix d’un panneau serait de $1.05, et pour atteindre R 19, le coût serait de $5.50/pi2comparé à $1.10 – $1.60/pi2 pour une isolation au polyisocyanurate et $2.00 – $2.25 pour une isolation au polystyrène extrudé.

L’utilisation du liège comme isolant engendrerait donc un surcoût non négligeable mais il s’agit d’un des matériaux les plus écologiques disponibles sur le marché!

Source : Wilson, Alex. 2012. Expanded Cork - The Greenest Insulation Material? GreenBuildingAdvisor.com, consulté le 16 août 2012.

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