Paille

Encore méconnue du grand public, la construction en ballots de paille a pourtant fait ses preuves depuis belle lurette. Il se construit une centaine de maisons en paille annuellement au pays. Confortables, performantes et abordables, les maisons en paille gagnent aujourd’hui à sortir de l’ombre. Ces maisons sont caractérisées par une étonnante diversité de formes et de styles qui leur donnent une apparence tout à fait personnelle et «humaine». Cette forme de construction laisse une grande place à l'imagination et à la créativité artistique des participants.

 

Historique
Les premières maisons en paille ont faire leur apparition au 19e siècle au Nebraska, un état du centre-ouest des États-Unis. L’objectif était alors fort simple : bâtir en ayant recours aux matériaux disponibles sur place. Alors que le bois et la pierre faisaient cruellement défaut dans la région, la paille y était présente en abondance. Les constructeurs de l’époque ont fait preuve d’une ingéniosité remarquable pour développer la construction en paille, et ce jusqu’au milieu des années 1940.

Avec l’apparition des matériaux de construction « modernes », la construction en paille tombe dans l’oubli... pour renaître après le premier choc pétrolier en 1973. L’efficacité énergétique se présente alors comme une excellente stratégie pour faire face à la montée en flèche du prix du baril de pétrole.

Au Québec, la construction en paille gagne du terrain depuis 1980 notamment avec ARCHIBIO et le GREB qui réhabilitent et réintègrent ce système de construction dans notre quotidien afin de sensibiliser la population. Au même moment, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) produit des rapports sur le sujet.

 

Pourquoi construire en paille ?
La paille est un matériau naturel, disponible en abondance et peu transformé. À ne pas confondre avec le foin, la paille est une tige sèche issue de la culture des céréales comme l’avoine, le blé ou encore le seigle. Alors que la tête est coupée pour l’alimentation, la tige demeure souvent inutilisée. L’emploi de la paille comme matériau de construction est une manière créative d’éviter cette problématique

Le mur de paille est un mur à ossature de bois, où les ballots de paille font office d’isolant, le tout recouvert d’un crépi fait d’argile ou de chaux. Très confortable, ce type de construction comporte de nombreux avantages, tant au point de vue écologique qu’économique

D’abord, les murs de ballots de paille offrent un très haut niveau d’isolation, qui répond largement aux exigences requises pour qu’une maison soit qualifiée d’éconergétique. Selon une étude de la  SCHL, la valeur de résistance thermique des murs en ballots de paille atteint R-28. À titre de comparaison, la valeur isolante d’un mur typique en 2’’x 6’’ isolé à la laine de verre n’atteint que R-19, performance qui tombe même à R-14 si on tient compte de la présence de ponts thermiques.

Les murs en ballots de paille ont également l’avantage d’offrir un contrôle naturel de l’humidité grâce au crépi qui les recouvre. En effet, le crépi d’argile absorbe l’humidité lorsque l’air ambiant est humide, pour la restituer en période plus sèche, le tout contribuant à un meilleur confort de l’occupant.

Finalement, ces constructions font appel à des matériaux de construction (la paille et l’argile) qui n’émettent pas de composés organiques volatils (COV). Les COV sont des substances nuisibles qui affectent la qualité de l’air intérieur de maisons conventionnelles et peuvent être particulièrement problématiques pour les personnes hypersensibles aux polluants.

Rentabilité
Le coût de construction d’une maison en ballots de paille de taille raisonnable est habituellement moins élevé que celui d’une maison conventionnelle, particulièrement si elle est réalisée en mode autoconstruction. De plus, selon la SCHL, les besoins en chauffage d’une maison en ballots de paille sont 20% moins élevés que ceux d’une maison typique.

 

Un domaine en constante évolution
Bien que vernaculaire, la technique de construction en ballots de paille est  loin d’être figée dans le passé. Plusieurs années de développement par tous les acteurs du milieu français ont mené à la publication en 2011 des « Règles professionnelles de la construction en paille » par le Réseau français de la construction en paille (RFCP). Ceci marque un grand pas en faveur de la bio construction chez nos cousins de l’Hexagone; grâce à cette reconnaissance officielle, la paille perd son statut marginal pour devenir une technique courante. Une vingtaine de bâtiments publics isolés en paille sont d’ailleurs en cours de réalisation à l’heure actuelle en France. 

Au Québec, le Groupe de recherches écologiques de la Batture (GREB) a développé au cours des années 1990 une technique de construction en ballots de paille qui s'est méritée un prix de la Chambre de commerce du Québec en 2002.

Finalement, Michel Bergeron, membre fondateur d'Archibio, a publié en 2000 avec  Paul Lacinski un ouvrage de référence sur la construction en ballot de paille adaptée au climat québécois, Serious Straw Bale (voir bibliographie au bas).

 

Un documentaire sur la construction en ballots de paille.

 

Un bâtiment de 7 étages, certifié PassiHaus et isolé à la paille : une vidéo à voir !


Actu-Environnement - La construction bois/paille prend de la hauteur.

Pour en savoir plus
Sur Internet :

En librarie :

  • Steen, Athena S., Bill Steen, David Bainbridge et David Eisenberg. The Straw Bale House.  Chelsea Green Publishing, 1994.

  • Magwood, Chris, Peter Mack et Tina Therrien. More Straw Bale Building. New Society Publishers, 2009.

  • Lacinski, Paul et Michel Bergeron. Serious Straw Bale: A Home Construction Guide for All Climates. Chelsea Green Publishing, 2000.

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