Earthship


Un earthship sous la neige : l'ES-Cargo à Chertsey au Québec

On décrit souvent les earthships en les comparant aux maisons des Hobbits. Ces maisons ont un aspect unique et original, en plus d'avoir un faible impact environnemental.

 

Qu'est-ce qu'un eartship ?
Le mot earthship, littéralement « vaisseau terrestre », désigne une habitation semi-enfouie construite en terre et avec des matériaux récupérés de toutes sortes, notamment des pneus, des canettes d’aluminium et des bouteilles de verre. Ces habitations sont caractérisées par la recherche de l’autosuffisance.


Construction du mur de pneus. ES-Cargo, Chertsey, Québec.

D’abord, au niveau énergétique. Conçues selon les principes du solaire passif (masse thermique de la terre, façade sud entièrement vitrée), ces maisons produisent leur propre énergie, grâce à des panneaux photovoltaïques ou à des éoliennes.

Ensuite, au niveau de l’approvisionnement et du traitement de l'eau. Les earthships ne sont pas reliés à un réseau d'aqueduc. Même si le forage d’un puits n’est pas exclus, on tente le plus possible d’utiliser l’eau de pluie et de la fonte des neiges pour remplir les besoins de l’habitation. Le gaspillage est réduit au minimum grâce à la récupération des eaux grises, à des toilettes sèches ou à faible débit et au traitement des rejets par des plantes.

Finalement, au niveau alimentaire, la production de nourriture sur place est mise de l’avant.

Bien sûr, l’atteinte de l’autosuffisance complète n’est pas possible dans tous les contextes et tous les climats, mais dans tous les cas, il est primordial de réduire à la source sa consommation énergétique.

 

Historique
Le earthship tel que nous le connaissons aujourd’hui est le fruit de l’imagination de Mickael Reynolds, un architecte américain établi au Nouveau-Mexique. En 1972, Reynolds a construit le premier earthship, la «Thumb House», avec des canettes de bière récupérées et un mortier de terre. Depuis, plus de 1000 earthships ont été construits au Nouveau-Mexique et ailleurs par Reynolds et son équipe et de nombreux constructeurs à travers le monde se sont inspirés des idées de Reynolds pour construire des habitations similaires par eux-mêmes.


Earthship, Nouveau Mexique. Crédit Lisa Hanneberg sous licence Creative Commons

Le premier earthship au Québec, l’Es-Cargo, a été construit à Chertsey dans la région de Lanaudière, par Hélène Dubé et Alain Neveu, autoconstructeurs. Des earthships ont également vu le jour ailleurs au Canada au cours des dernières années, entre autres en Ontario, à Killaloe et à Gilmour et en Colombie-Britannique, à Darfield.

 

Pourquoi construire un earthship ?
Pour plusieurs, l’autosuffisance est le principal attrait de ce type de construction, particulièrement dans les régions du globe où l'électricité est produite de façon polluante, avec des ressources non-renouvelables et sujettes aux soubresauts des marchés.

À l'heure actuelle, l'électricité n'est pas assez dispendieuse au Québec pour justfier des installations indépendantes à moins d'être situé loin du réseau ou pour des considérations philosophiques.

La construction d’un earthship s’intègre bien dans un projet de design permaculturel, toujours dans l’optique d’atteindre l’autosuffisance, ou du moins de s’en rapprocher le plus possible, et de minimiser les impacts sur l’environnement naturel.

Une maison confortable
Il est possible d'adapter ce type de maison pour n'avoir besoin que d'un chauffage d'appoint lors des périodes peu ensoleillées et/ou très froides du climat québécois. La masse énorme des murs et du remblai permet d'absorber la chaleur de l'été et de la rediffuser pendant l'hiver plutôt que sur un cycle quotidien comme la plupart des maisons solaires passives. La température à l'intérieur est stable et confortable.

On peut ventiler en ouvrant des fenêtres quelques minutes par jour même lorsqu'il fait froid puisque ce n'est pas l'air qui réchauffe l'espace intérieur. Les plantes, toujours présentes dans ce type de bâtiment, aident aussi à la qualité de l'air.

Le taux d'humidité est régularisé par la perméabilité des matériaux de finition des murs. « Il faut quand même prévoir qu'il y a de la condensation dans les fenêtres; lorsqu'il fait en bas de -10ºC chez nous par exemple. Les fenêtres servent de déshumidificateur et l'eau retombe dans les bacs de plantes », indique Hélène Dubé.

Rentabilité
La plupart des matériaux qui entrent dans la fabrication d’un earthship sont obtenus gratuitement ou à peu de frais et la technique de construction est simple et se prête bien à l'autoconstruction.

Là où le earthship coûte plus cher, c'est au niveau de l’équipement mécanique nécessaire à la production et au stockage de l’énergie, mais c'est vrai pour toute les maisons qui ne veulent pas être reliées au réseau. L’achat de panneaux photovoltaïques ou d’éoliennes et de batteries pour le stockage des surplus représente un investissement initial élevé. En contrepartie, on a la possibilité de ne jamais recevoir de facture d’électricité par la suite !

 

Pour en savoir plus
Il se donne régulièrement des conférences sur le sujet et une école est en train de voir le jour.

Liens pertinents

Merci à Hélène Dubé pour sa collaboration à cette fiche.

 

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