Chanvre

Formation sur la construction en chanvre : deux fins de semaine de formation en juin 2013.

La construction en chanvre est une alternative écologique des plus intéressantes à la construction conventionnelle. Petit résumé de l'historique, des caractéristiques et de l'utilisation de cette plante polyvalente dans la construction résidentielle.

 

Historique
La culture du chanvre s’est implantée au Québec et au Canada dès le début du XVIIe siècle, alors qu’on utilisait les fibres de chanvre entre autres pour tisser les voiles des navires de la marine britannique. La culture de cette plante polyvalente a toutefois été abruptement interrompue en 1938, alors qu'elle est reconnue substance illicite. Ici comme chez nos voisins du sud, on cherche à freiner l’usage des stupéfiants de tout acabit, après l’échec de la prohibition de l’alcool.

Ce n’est que soixante ans plus tard, en 1998, que l’interdiction de cultiver le cannabis à des fins commerciales a enfin été levée au Canada, suite à l’entrée en vigueur du Règlement sur le chanvre industriel, qui permet la culture de chanvre à la condition que son contenu en tétrahydrocannabinol (THC) soit inférieur à 0,3%. Depuis ce temps, la culture du chanvre prend de l’expansion au pays, particulièrement dans les provinces des Prairies, où le climat y est spécialement favorable. Au Québec, la croissance de cette industrie se fait plus timide.

Chanvre et construction
C’est en France, vers la fin des années 1980 que cette filière du chanvre est née et s’est développée. On doit l’idée d’employer la chènevotte dans la construction à un maçon du nom de M. Rasetti.  Jusqu’alors, la chènevotte était peu valorisée comme litière pour les animaux.

Au Québec, deux entreprises proposent des services de formation et d'accompagnement pour construire en chanvre : ArtCan et Art du Chanvre (voir les liens au bas).

 

Pourquoi le chanvre ?
Plusieurs matériaux employés dans les constructions conventionnelles ont un impact environnemental important. Les isolants issus de l’industrie pétrochimique tels que la laine de verre (« laine rose ») ou les panneaux rigides de polystyrène ont une forte énergie intrinsèque, ou « énergie grise ». L’emploi d’un matériau naturel et peu transformé, comme le chanvre, réduit significativement l’empreinte écologique d’un bâtiment.

Le chanvre est une ressource renouvelable. De plus, la culture du chanvre se fait sans pesticides et avec peu ou pas d’engrais, même dans les sols humides et pauvres en nutriments.

Fait intéressant, selon le Conseil national de recherche du Canada, un champ de chanvre industriel absorbe « cinq fois plus de dioxyde de carbone qu'un boisé de même superficie et cette culture pourrait jouer un rôle important dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. » [i]

 

Le chanvre en construction
Alors qu'en Europe le matériau chanvre se décline sous de nombreuses formes, au Québec on parle surtout de laine de chanvre et de béton de chanvre.

La laine de chanvre est principalement composée de filasse effilochée. Vendue en nattes, comme la laine de verre, elle s’emploie de la même manière dans un assemblage de mur conventionnel. Sa résistance thermique est équivalente à celle de la cellulose. Principal inconvénient : la laine de chanvre présentement disponible au Québec est importée de France. Elle est par conséquent environ trois fois plus chère que la cellulose.

Le béton de chanvre, aussi appelé mortier de chanvre, est un mélange de chènevotte, de chaux et de plâtre, ou parfois simplement de chènevotte et de chaux hydraulique. Ce « béton » végétal sert tant à la réalisation de monomurs, qu'à l'isolation de la dalle et de la toiture.

 

 

Lexique
Filasse : Une composante de la tige du chanvre, on la retrouve surtout dans l'écorce. Elle forme de 30 à 35 % du poids total de la tige.

Chènevotte : On la retrouve au coeur de la tige, sous l'écorce. Elle est composée de cellulose, d'hémicellulose, de lignine et de cendres, une composition qui diffère peu de celle du bois. Elle forme 45 à 50% du poids total de la tige. La chènevotte est obtenue par défibrage mécanique de la tige de chanvre

Chènevis : Une culture indépendante de celle de la fibre, on parle ici de la graine de chanvre, utilisée surtout en alimentation et en cosmétol

 

Une maison confortable
L’importante masse thermique des murs en béton de chanvre absorbe une quantité considérable de chaleur provenant du système de chauffage ou du soleil. Une fois cette chaleur accumulée, elle est restituée au fur et à mesure par radiation, procurant une chaleur agréable. L’enduit qui recouvre les murs de chanvre, qu’il soit fait d’un mélange de sable et chaux ou encore d’argile, est perméable et agit comme régulateur d’humidité.

Contrairement à la majorité des matériaux de construction conventionnels, les divers éléments du mur en béton de chanvre ne dégagent pas de composés organiques volatiles (COV). Ainsi, les personnes souffrant d’hypersensibilité environnementale peuvent séjourner dans le bâtiment sans être incommodées. Bien sûr, ceux et celles qui ne sont pas atteints de cet ennui de santé gagnent également à respirer un air plus sain. En effet, les études faisant le lien entre COV et cancer s'accumulent...

Rentabilité
Construire en chanvre ne coûte pas une fortune. D’abord, les matériaux sont abordables. Ensuite, les maisons de chanvre sont habituellement réalisées grâce à la participation active des propriétaires sur le chantier : on parle d'autoconstruction assistée. En plus de constituer une expérience enrichissante, cela permet d’économiser sur la main d’œuvre. En sollicitant famille et amis pour participer aux corvées, on peut réaliser une maison dont le coût est sensiblement moindre que celui d’un logis conventionnel.

Détail des coûts
Pour un mur extérieur:

  • Clef en main: entre 10$-35$/pi² (environ; 10 épaisseurs) avec finition, sans charpente
  • Autoconstruction assistée/accompagnement/assistance technique: 20$/pi² (environ; 10 épaisseurs) avec finition, sans charpente, durée: 6 mois.

Pour une cloison (mur intérieur):

  • Clef en main: 20$/pi² avec finition, sans charpente, cloison hautement insonorisée
  • Autoconstruction assistée/accompagnement/assistance technique: 10$/pi² avec finition, sans charpente, cloison insonorisée. 

Pour en savoir plus
ArtCan, http://www.maisonenchanvre.com
Art du chanvre, http://www.artduchanvre.com/
Art du chanvre, le blog, http://artduchanvre.wordpress.com


 

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