Bois cordé

La construction en bois cordé est écologique, très abordable et facile à mettre en œuvre pour l’autoconstructeur. Ces maisons prennent une multitude de formes et laissent une grande place à l’imagination.

 

Qu'est-ce que le bois cordé ?
Un mur de bois cordé est constitué de bûches de bois empilées transversalement dans le mur, à la manière dont on empile le bois de chauffage. Ces bûches sont maintenues en place à l’aide de mortierque l’on applique en deux couches, l’une faisant face à l’extérieur, l’autre à l’intérieur. Au centre, l’espace est rempli d’un isolant en vrac. Le bran de scie est couramment employé à cet effet, mais on peut aussi utiliser de la laine de mouton, du chanvre, de la cellulose, etc. Les murs ont généralement 16 pouces d’épaisseur, avec 4 pouces de mortier de part et d’autre du mur, et 8 pouces d’isolant au centre.

 

Historique
La technique du bois cordé est en quelque sorte une évolution de la technique européenne de la maison en bois rond. Les origines exactes de la technique sont inconnues, mais on sait que des maisons en bois cordé se construisent aux Canada et aux États-Unis depuis maintenant plus de 250 ans et au Québec depuis plus d'un siècle. Cette façon de construire a connu un boom de popularité suite à la première Conférence des Nations Unies sur l’habitat, qui s'est tenue à Vancouver en 1976. Lors de cet évènement, la maison de bois cordé a été présentée en tant que solution à prix modique pour contrer le problème du logement inadéquat à travers le monde, particulièrement au sein des nations en développement. Au cours des années qui ont suivi, des ouvrages significatifs sur la construction en bois cordé ont été publiés, entre autres par Rob Roy, aujourd’hui une sommité sur le sujet.

François Tanguay, membre fondateur de l’organisme Archibo, a publié La maison de "bois cordé", ou, Comment construire sa propre maison au quart de ce qu'il en coûte ordinairement, adaptation du livre en anglais de Jack Henstridge : The Cordwood Home. François y a ajouté un complément sur son propre projet de construction. Cet ouvrage n’a pas été réédité récemment, mais on peut l’emprunter dans certaines bibliothèques collégiales, dont Armand Frappier à Valleyfield et François-Xavier-Garneau à Québec. L’information contenue dans ce livre date des années 1970, il faut donc l’utiliser avec un certain recul et valider avec des sources plus récentes, car des innovations ont été réalisées dans le domaine depuis.

Un des principaux avantages de la construction en bois cordé et un des aspects clé de sa grande accessibilité est que, contrairement à la maison en maison en bois rond ou même à la maison en poutres-et-poteaux, il n’est pas nécessaire d’avoir sous la main de longs billots dépourvus de défauts.

 

Pourquoi construire en bois cordé ?
Matériaux sains et locaux
La construction en bois cordé fait usage de matériaux locaux, dont le principal est bien sûr le bois. Le bois est un matériau naturel et renouvelable qui a peu d’impact sur les changements climatiques, grâce entre autres à sa capacité unique de capter et stocker le carbone.

Après le bois vient le mortier qui, selon le mélange que l’on privilégie, sera majoritairement ou entièrement composé de matériaux locaux. Il existe plusieurs recettes de mortier. Un exemple simple : sable, bran de scie et chaux. Certaines recettes font appel à du ciment de Portland, mais il est préférable d’éviter ce matériau, d’abord parce qu'il est peu flexible et plus propice aux fissures, ensuite parce que son bilan environnemental est plutôt lourd. Bon nombre d’autoconstructeurs optent pour des mélanges à base de terre, sains et efficients.

Le « cobwood » allie la technique du cob (murs porteurs composés d’argile, de sable et de paille) avec celle du bois cordé; une façon de faire très intéressante d’un point de vue écologique. Plusieurs constructeurs, dont Ianto Evans et Linda Smiley de la Cob Cottage Company, ont décidé d’expérimenter avec le cobwood au cours des dernières années et ce, avec des résultats tout à fait prometteurs.

Atelier en bois cordé. Crédit Biobâtir

Pour la construction de son atelier en bois cordé, Sébastien Demers du groupe Biobâtir a opté pour une recette maison composée de sable, d’argile, de paille, de bran de scie et de chaux. L’utilisation de l’argile n'est ni plus ni moins qu'un retour vers les méthodes ancestrales de construction en bois cordé, davantage en harmonie avec l’environnement.

Il va sans dire que les maisons de bois cordé sont des maisons saines, car elles sont construites sans aucuns matériaux toxiques. De plus, parce qu’ils sont dépourvus de pare-vapeur, on dit des murs de bois cordé qu’ils « perspirent », ce qui exerce un contrôle naturel sur l’humidité et améliore le confort des occupants.

Pour un look très intéressant et un apport additionnel en lumière naturelle, on peut remplacer quelques rondins par des bouteilles, par exemple des bouteilles de vin. Pour créer une « bûche de verre », on utilise deux bouteilles aux mêmes dimensions et on coupe l’une d’elles au niveau du goulot, avant des les emboîter l’une dans l’autre.

Efficacité énergétique
Les murs de bois cordé performent bien dans le climat rigoureux du Québec. Des buches de 16 pouces de longueur permettent d’obtenir un facteur de résistance thermique d’approximativement R-20 et l’importante quantité de mortier agit comme une masse thermique qui régularise la température. Ce mariage isolation et masse thermique fait des maisons de bois cordé des maisons confortables à l’année.

Rentabilité
Simple, la construction d’une maison en bois cordé est un projet facile à réaliser pour un autoconstructeur peu expérimenté. L’élément le plus dispendieux nécessaire à l’aboutissement du projet sera le mortier, si l’on opte pour un mortier standard. Un mortier d’argile sera pour sa part très économique. Tout le mortier nécessaire à la construction de l’atelier de 16 par 32 pieds du groupe Biobâtir a coûté à peine cent dollars !

 

Quelles essences de bois privilégier ?
Les bois mous comme le cèdre blanc, l’épinette, le pin taeda et le peuplier sont préférables aux bois durs comme le chêne, l’érable ou encore l’hêtre. Les bois mous ont de meilleures propriétés isolantes et sont moins vulnérables aux changements de température. À retenir : quelle que soit l’essence choisie, il est important de bien laisser sécher le bois avant de commencer à monter les murs. Sécher les rondins peut prendre de un à trois ans.

 

Trucs et astuces
Comme dans tout projet de construction, des pépins peuvent se manifester pendant et après la construction d’une maison en bois cordé. Les problèmes les plus fréquents dans les maisons de bois cordé concernent la pourriture du bois et l’apparition de fissures dans les rondins ou le mortier.

De la pourriture peut apparaître si les rondins n’ont pas séché adéquatement ou si l’écorce n’a pas été complètement enlevée.. Pour un bon séchage du bois, privilégiez un séchage à l'ombre dans un milieu légèrement humide. Le soleil et un climat trop sec favorisent un séchage trop rapide et l’apparition de fissures, alors qu’une trop forte humidité pourrait entraîner de la moisissure. Fendre en quatre pièces les bûches trop volumineuses facilite le séchage de ces dernières. Finalement, il est bénéfique de protéger les extrémités extérieures des bûches avec de l’huile de lin, appliquée une fois par année ou à tous les deux ans.

L’apparition d’espaces entre les rondins et le mortier est particulièrement problématique car ceux-ci vont affaiblir le mur, en plus d’en diminuer la valeur isolante et de créer des courants d’air. Le fait de travailler avec un mortier assez humide et sans ciment aide grandement à éviter ce problème.

Advenant que toutes les précautions nécessaires soient prises, une maison de bois cordé supportera très bien l’épreuve du temps.

 

Informations complémentaires
Pour plus d'informations sur le bois cordé, consultez ce document très pertinent produit par l'Association de Recherche et de Dynamisation de la filière pour un Habitat Ecologique, Innovant et Alternatif (Ardheîa) : Le bois cordé. Pour télécharger le fichier en format PDF, cliquez ici avec le bouton droit de votre souris et sélectionnez "Enregistrer sous".

 

 

Pour en savoir plus
Sur Internet :

En librarie :

  • Roy, Rob. Cordwood Building: The State of the Art. New Society Publishers, 2009.

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